heartbreaker redimensionné

Bande-dessinée : Doggy Bags tome 6, du sang, du sexe et des vampires

Posté le 3 juillet 2014 par

Label619 revient avec le sixième tome de Doggy Bags, bande-dessinée française d’inspiration grindhouse.

Les histoires d’exploitation ont toujours été appréciées du public. Que ce soit en littérature avec des œuvres comme les Contes de la crypte et assimilés, ou en cinéma, les gens ont toujours recherché des histoires à base de sang, d’horreur, de monstres, et bien entendu d’érotisme.

doggy bags t6

En 2011 paraît le premier tome de Doggy Bags qui, comme son nom l’indique, regroupe plusieurs histoires d’inspiration grindhouse. On y retrouve donc trois histoires, avec trois dessinateurs différents. De l’horreur, du sang et de la violence sont ainsi au programme.

Ce sixième tome garde l’idée de trois dessinateurs, de même que les trois récits distincts, mais ils conservent le même personnage : Heartbreaker. Ce comic-book à la française est toujours co-scénarisé par Run, mais Céline Tran a rejoint l’équipe. Oui, l’ex-star du X Katsuni prend la plume pour co-scénariser cette bande-dessinée, est le résultat se révèle fascinant.

En ce qui concerne le côté « exploitation », le lecteur sera aux anges, avec cette vampire chassant ses congénères, armée d’un sabre, pour se venger d’eux et protéger les humains ignorant la nature de la menace planant dans l’ombre. On pense immédiatement à Blade, et, si la filiation est évidente, elle ne dérange absolument pas. Les dessins sont superbes (le troisième récit, s’inspirant de l’affaire DSK (avec des vampires, oui !) étant cependant un peu plus faible), l’ambiance aussi sensuelle que violente, et le livre se lit vite et se révèle passionnant. Le sang coule à flot, dans ce Heartbreaker où se mélangent le sang vampirique et le monde du porno, pour le plus grand plaisir du lecteur.

heartbreaker 2

En effet, si Céline Tran scénarise, Heartbreaker est en fait une incarnation de Katsuni, le personnage qu’elle s’est créé durant sa carrère. Une version fantasmée, bien entendu, mais voir l’ancienne star du X explorer son personnage, et le monde qu’elle a quitté, avec justesse, passion, et dérision, ne peut qu’apporter un niveau de lecture supplémentaire. En effet, entre chaque histoire (en plus de fausses pub, de faux courriers des lecteur, pour vraiment faire penser à une ancienne revue pulp), la jeune femme revient sur la manière dont a débuté sa collaboration avec Run, sur sa perception du X et sa vision des vampires. Le propos est réfléchi et passionnant, et ses réflexions méritent d’être découvertes, d’autant que sa manière de relier les deux univers est certes prévisible, mais intéressant.

Au-delà de cela, Heartbreaker est dynamique en diable. Le personnage principal nous est présenté au cœur d’un combat où elle sauve une jeune femme croyant participer à un tournage porno mais se retrouvant au sein d’un snuff vampirique. Le sang gicle en tous sens, et la tueuse de vampires, d’une beauté fascinante, semble à son aise au sein de cette violence débridée. Ensuite, le lecteur découvre comment une jeune femme innocente devient une vampire assassine, le dessinateur jouant sur les couleurs, le noir et blanc, la nudité. Heartbreaker, agonisante, couverte de sang, est inoubliable.

Le dernier récit est donc le plus faible, mais son utilisation de DSK, en vieux vampire collectionnant les sangs de cuvée différentes, est néanmoins excellente.

Au final, ce sixième tome de Doggy Bags est une très bonne surprise, une bande-dessinée pleine de sexe et de violence, qui ne peut que plaire aux amateurs, et donne envie de suivre la nouvelle carrière de Céline Tran, qui s’en sort diablement bien dans la peau d’une scénariste mettant en exergue le personnage de star du X qu’elle s’est créé au sein d’un monde de sexe et de violence.

Doggy Bags, tome 6, disponible chez Label619

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