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Jeu de rôle narrativiste : Prosopopée, quête de spiritualité au sein de peintures vivantes

Posté le 4 avril 2014 par

Le monde du jeu de rôle a vu l’émergence d’un type de jeu de rôle se rapprochant encore plus du jeu de société : le jeu de rôle narrativiste. Avec son concept osé, Prosopopée se devait d’être chroniqué ici.

Mais avant de plonger dans les méandres de ce jeu, il serait bon d’expliquer la différence entre jeu de rôle classique et narrativisme, pour nos lecteurs peut-être néophytes en la matière. Le jeu de rôle voit donc un maître de jeu incarner tous les personnages autres que les personnages joueurs, servir d’arbitre et être le seul à connaître le scénario, guidant ses joueurs pour les mener d’intrigues en intrigues au fil de scénarios et de campagnes.

prosopopée

Le narrativisme se passe tout simplement de maître de jeu (ou plutôt, tout le monde est tout autant joueur que maître), et voit la narration partagée entre les différents joueurs, quelques règles simples aidant à faire évoluer l’intrigue pour éviter que les participants ne se retrouvent coincés, sans savoir comment faire évoluer la partie.

Prosopopée s’inscrit donc dans ce genre, avec des règles très simples, mais un concept aussi magnifique que complexe. Les joueurs y incarnent des divinités, ayant peint un tableau, et s’incarnant dans ce tableau, sous forme d’êtres humains avec quelques pouvoirs (qui ne sont pas spectaculaires, c’est très important !) et cherchant à résoudre les problèmes décelés à l’intérieur des peintures pour recréer l’harmonie indispensable en ce lieu étrange. L’inspiration provient de la mythologie japonaise, de films comme Le Voyage de Chihiro, par exemple, ou encore du jeu vidéo Okami, sur ps2, qui permettait déjà d’incarner une divinité repeignant le monde. Le concept est osé, intéressant, et les illustrations, magnifiques, mettent vraiment dans l’ambiance.

Les règles, elles, sont heureusement très simples. Avec quelques petites consignes permettant de savoir comment chacun prend la parole, les joueurs construisent donc leur histoire, et se lancent dans l’enquête, dans l’exploration, et découvrent des problèmes. Ils donnent à chaque soucis une certaine importance. Dans ce monde, il n’existe pas de nom propre, ni de technologie avancée (sorti de cela, il est possible de créer presque n’importe quelle ambiance, selon les envies et inspirations). Les règles permettent à chacun de récompenser les idées et phases de narration des autres joueurs, chose aussi flatteuse qu’indispensable, ces récompenses étant faites sous forme de dés qui permettront de résoudre les problèmes et donc de faire évoluer la partie. Le jeu prévoit même quelques règles de progressions pour transformer les parties en campagnes pleine d’exploration.

prosopopée une

Cependant, de part son concept, Prosopopée ne s’adresse pas à tous. Il faut une certaine dose d’imagination, de poésie et de maturité pour parvenir à jouer et progresser dans l’ambiance si particulière de ce jeu. Certes, le livret (assez court) possède une section où les règles sont résumées, pour permettre d’être lues aux autres joueurs, et la retranscription d’une partie-test est bien utile pour visualiser ce que peut donner ce jeu. Mais, malgré cela, Prosopopée ne parviendra pas à être maîtrisé par tous, son idée et son univers, ainsi que le type de personnage qu’il faut incarner, étant vraiment spécial.

Pour des joueurs y parvenant, le jeu offre de nombreuses possibilités, tout en proposant une ambiance unique, et mérite donc de s’y intéresser, mais ce jeu reste tout de même difficile d’accès.

Prosopopée, de Limbic system, est disponible en pdf ou en commande papier via ce lien

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