la tour fantome une

Manga : La Tour fantôme tome 2, quand l’intrigue s’éloigne de la Tour

Posté le 21 septembre 2014 par

Le premier tome de La Tour fantôme posait les bases d’une histoire sombre, entre contexte historique (le Japon des années 50), quête initiatique et meurtres sadiques. Le tome deux réussira-t-il à confirmer l’essai en développant l’histoire et en commençant à donner quelques réponses ?

Avec ce deuxième tome, Nogizaka Taro nous faire suivre cet étrange duo, composé du traditionnel geek, looseur et puceau (mais positionné dans les années 50, alors qu’il aime les ouvrages dérangeant qui le font être considéré comme un pervers), et son mystérieux compagnon, qui l’a mis sur la trace du trésor de la Tour fantôme. C’est en cela que le récit prend des allures de quêtes initiatique. En effet, grâce à cette aventure (qui le force entre-autre à faire chanter la fille du sinistre procureur propriétaire de la Tour), Taïchi (notre héros) doit devenir adulte et quitter l’oisiveté qui était la sienne jusqu’à présent. Il est obligé de manipuler les autres, s’attachant avec un jeune homme qu’il considère comme étant son seul ami et qu’il admire (voir plus, ses sentiments devenant ambigus). Mais il s’en méfie, craignant qu’il ait à voir avec le tueur de la Tour (surnommé l’horloge de la mort, du fait de la manière délicieusement perverse dont il tue). Et si, dans le premier tome, cette recherche du trésor était aussi un moyen pour Taïchi de conquérir la femme dont il était épris, elle devient ici une quête de vengeance et de justice, car l’horloge de la mort a tué la jeune femme en question (en une image qui ne peut que rester gravée dans l’esprit du lecteur).

la tour fantome tome 2

Cette énigme progresse dans le deuxième volume mais force est de constater que, si la lecture est toujours aussi prenante et agréable, l’auteur part un peu dans tous les sens. Nos héros s’en vont enquêter sur une île reculée, où a vécu l’ancien fiancé de Reiko (censément la meurtrière qui a donné cette terrible réputation à la Tour quelques années auparavant) et le duo y évolue, dans une ambiance assez proche de Ring, quand les deux protagonistes principaux du film s’en vont résider dans la maison de la mère de Sadako. A cela, Nogizaka Taro ajoute un groupuscule de bouseux tueurs respectant d’anciennes traditions et, la course-poursuite dans la nuit qu’ils amènent est passionnante. De plus, ces moments permettent d’ajouter un allié au duo (un flic peu doué mais attachant). Cependant, elles emmènent l’intrigue dans une autre dimension, tout comme, plus tard, quand nos héros vont rencontrer un savant fou se voyant sauveur de l’humanité. Là encore, la séquence est en soi intéressante, surprend et déstabilise, et oblige nos héros à se poser de passionnantes questions, alors que les thématiques du droit de la vie et de la mort, de comment choisir qui doit vivre ou mourir, du sacrifice d’une personne pour en sauver plusieurs, se développent.

L’auteur a-t-il utilisé ces moments pour brouiller les cartes, faire durer l’intrigue ou développer des thèmes qui lui étaient chers ? Difficile à dire mais, même si, dans ce tome 2, La Tour Fantôme part dans tous les sens, et que la Tour en elle-même se retrouve plus en filigrane, ce récit n’en reste pas moins diablement intéressante. Les dessins, toujours aussi sobres mais bien ciselés, accrochent l’oeil, et les dialogues, nombreux, font que cette série se lit moins vite que nombre de manga. L’ambiance est sombre et oppressante, et le Japon dépeint fait froid dans le dos, collant à l’âme du lecteur, alors qu’il continue à se poser nombre de questions, non-seulement sur la résolution de l’intrigue globale, mais aussi sur les motivations de ses protagonistes. Car l’auteur, en refusant de mettre des méchants ou des gentils dans son scénario, dépeint des personnages très gris, oeuvrant toujours sur le fil du rasoir. Ainsi, le lecteur est toujours mal à l’aise, alors que les pages se tournent, et que le manga ne peut être lâché avant la dernière page, faisant de La Tour fantôme un excellent thriller oppressant et magnifiquement sombre.

La Tour fantôme tome 2, disponible chez Glénat depuis le 21 mai 2014

La critique du tome 1

Imprimer


Laissez un commentaire


*