vivere redimensionné

Jeu de rôle : Vivere, space-fantasy entre exploration, magie, diplomatie et survie

Posté le 29 septembre 2014 par

Vivere est le deuxième jeu de rôle de Quentin Forestier, après R. O. B. O. T. Alors que se profile à l’horizon l’écran de Vivere, Ninik’s land désirait revenir sur ce deuxième tirage du livre de base (quelque peu retravaillé, donc).

Deux choses marquent immédiatement le lecteur qui prend l’ouvrage en main. D’une part, la petitesse du livre (une centaine de pages) cadre difficilement, dans son esprit, avec un tel jeu de rôle, qui veut déployer un univers construit et complexe, et des plus atypique. D’autre part, en feuilletant rapidement l’ouvrage, il est impressionnant de découvrir la beauté et le soin apporté au livre. Nanti de nombre d’illustrations, toutes en couleurs, il marque par sa beauté, et les dessins mettent immédiatement dans l’ambiance. Entre des personnages (pré-tirés et pnj) au design peu commun, les vaisseaux, les armes et autres, tout est fait pour emballer le lecteur, qui découvre que même l’arme la plus classique (un fusil, une arbalète) peut se révéler différente de ce qu’il imagine, une vraie recherche ayant été fait dans l’esthétique de l’univers, mêlant technologie et archaïsme, mais en évitant le steampunk. C’est donc avec plaisir qu’on se plonge dans cette lecture, avec l’espoir de découvrir un jeu que l’on désirera maîtriser immédiatement.

Vivere

Le début de la lecture laisse apparaître une jolie plume, l’ouvrage étant bien écrit, non pas comme un roman, mais comme un jeu de rôle, avec cependant une fluidité à laquelle on ne peut qu’adhérer. Quentin Forestier aime son sujet, le visualise parfaitement, et sait le faire partager. Hélas cependant, il reste quelques fautes, des doublons de mots, et autres coquilles. Elles ne sont pas si nombreuses que cela, et ne gâchent pas la lecture, mais, pour un deuxième tirage, cela reste dommage.

Vivere est donc un jeu de space-fantasy assez original. L’auteur a pris un peuple, composé non de plusieurs nations, mais de plusieurs cultes, tous dirigés par un Avatar, un envoyé des dieux qui dispensait, selon sa personnalité, connaissances, savoirs et guidance à ceux qui désiraient l’écouter. Est apparu le Fléau, créature informe et invulnérable qui a dévoré la planète et commencé à s’étendre. Les cultes n’ont eu d’autres choix que de monter dans des barges spatiales et d’aller coloniser d’autres planètes, très diverses, alors que les Avatars se sacrifiaient pour combattre cette horreur.

Ainsi, Quentin Forestier prend un postulat assez classique de conquête de l’espace, avec un côté post-apocalyptique. Mais, au lieu de partir de notre monde, il prend un univers totalement différent, et y ajoute un côté mystique et magique. Certes, ce genre de monde a déjà été utilisé, mais le résultat reste suffisamment original pour plaire. De plus, en positionnant les différents cultes sur des planètes plus ou moins vivables, et en posant le fait que la technologie et les connaissances circulent mal d’une part, et d’autre part ont été énormément perdues durant le voyage, on se retrouve avec un mélange fascinant, entre l’utilisation de vaisseaux spatiaux (pour des courts voyages) et une technologie moyenâgeuse. Le mélange marche parfaitement, et fascine. Comment résister, en effet, à des soldats armés d’épée, sortant d’un vaisseau spatial rustique, pour aller combattre un dragon ?

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Le système de jeu se veut aisé à appréhender et fluide (utilisant un D100, ce qui change de ces nouveaux systèmes prenant le dé à six face comme base) et la création de personnage permet d’incarner des protagonistes très différents, aussi bien des héros que des gens normaux. De plus, certaines idées, comme l’écart entre quelqu’un avec un niveau surhumain dans une compétence, et des gens plus basiques dans leur maîtrise, sont superbement trouvés. En effet, en dépassant 100 dans une compétence, l’on donne des malus à l’adversaire, du fait de notre superbe maîtrise. A cela s’ajoute un système de magie, très fluide, qui s’inspire quelque peu d’Ars Magica (en version simplifiée) et qui permet donc de laisser libre-cours à l’imagination.

Ainsi, entre un système simple et un univers très intéressant, Vivère est plein de promesses. Mais sans surprise, pour l’instant, il est préférable d’avoir un maître de jeu qui aime les cadres flous dans lequel il pourra intégrer nombre d’idées bien à lui. Quentin Forestier nous promet en effet nombre de suppléments (d’abord gratuits sur le site, puis réunis dans un gros ouvrage, sans doute plein de superbes illustrations), mais pour l’instant, le cadre est très survolés. Les planètes habitées sont décrites en quelques lignes, le lecteur découvre quelques formes de vies, quelques personnages non-joueur importants, mais ce monde demande, pour l’instant, pas mal de travail pour prendre vie. Ce qui n’est bien entendu pas forcément un mal, mais il est préférable de le savoir avant de se lancer dans l’aventure.

De surcroît, les types de scénarios possibles sont nombreux, et il est dommage que le livre de base ne contienne pas un ou deux scénarios pour que le futur maître de jeu découvre quelques exemples des ambiances possibles. Là encore, l’écran palliera à ce détail, cependant.

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Car, entre les planètes très peu explorées, et potentiellement pleines de dangers, de mystères, de secrets, la quête constante de technologie, de carburant, de matériaux pour que les communautés puissent survivre, les tensions politiques, et autres, Vivere est un monde riche et passionnant, surtout si l’on ajoute les risques que représente le Fléau, les élus choisis des dieux, et autre. Ainsi, avant de se lancer, un maître de jeu devra réfléchir au tour qu’il veut donner à sa campagne (survie, exploration, politique, etc) pour guider les joueurs dans la création de leur personnage, et permettre une aventure cohérente.

Au final, Vivere est un livre très agréable à lire, superbe, mais aussi un monde très riche, qu’un maître de jeu inventif pourra faire vivre. Ainsi Vivere, plein de promesses, fait facilement rêver, même s’il demande du travail pour être apprivoisé.

Vivere, jeu de rôle de Quentin Forestier.

Pour plus d’informations sur le jeu de rôle, ainsi que les extensions gratuites, voici le site internet du jeu

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